Du manque!
Cet état indéfinissable qui te surprend toi-même.
Au bureau, un jour de Décembre, entendre, «Dites Pyrome , çà n'a pas l'air d'aller, on dirait que vous n'êtes pas là!»
Du manque!
Tu sais, oui, tu sais, tout est suspendu à un fil, un rien. Alors l'état de manque tient à tellement de chose.
D'une sonnerie de téléphone qui ne retentit plus, et de l'attente vaine quand tu le tiens au creux de ta paume comme un objet inutile.
D'un ciel bleu en coin qui réveille la pupille.
D'un écran qui ne voit plus les petites bulles s'envoler dans un effet Orton à chaque connexion en bleu.
Des appels comme si j'étais là-bas qui n'arrivent plus.
Des vibrations qui ne frémissent plus en mode silence au fond de la poche.
Du manque!
Des accélérations qui n'arrivent plus devant une boite de réception dans l'oubli, sans cette typographie en gras, « vous avez un message non lu »
Des sonorités de mélodies murmurées que tu crois encore entendre mais qui sous l'air vif du dehors se révèlent absentes.
Du regard croisé derrière une petite pastille translucide au-dessus de mon écran qui prend un air de Cyclope mal voyant.
D'une main qui cherche au fond d'une poche quelque nuage bleuté.
La peau qui frémit puis aussitôt déclare le jeûne aux premiers jours de l'Avent.
Des plumes que tu ne vois plus sous tes pas.
La chamade qui ne s'emballe plus sous le susurrement d'un prénom. Wow!
De la pensée qui s'évade comme une éclipse aux beaux milieux des conversations.
De l'ombre d'un chapeau qui s'agrandit sous un rayon de soleil.
D'une goutte de pluie qui roule en silence sans bouger, comme liée en équilibre.
D'un sourire qui devant un chat dessiné au tableau noir dans la cuisine avec dessous, une boite de pansement Tricosteril en guise de boite à craies.
D'une voix qui ne volubile plus.
De mille choses, mille.
Du manque!
Entre absence et disette.
Entre déficit et besoin
Entre vide et rareté
Entre éclipse et hiver
Le manque est blanc, de couleur blanche, comme une page blanche, quoiqu'il arrive.
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Du blanc
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